| L'Esprit Simple |
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| April 30, 2007 | |
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Montreal, Canada Montréal est un endroit idéal pour les groupes émergents. Murielle Vézinet-Rochette, assistante à la programmation au Café Campus, juge qu’environ la moitié des locataires de la salle aspirent à vivre de leur musique. «Il y a autant d’agents qui prennent contact avec nous au nom d’un groupe que de membres de groupes qui s’occupent par eux-mêmes de louer la salle», précise Murielle Vézinet-Rochette. Plajia est un groupe rock plutôt mélodique, d’influences variées allant d’Harmonium à la musique plus électronique, mais possédant un son qui lui est propre. Pour eux, évoluer sans agent n’empêche pas d’obtenir des résultats très professionnels. Lors de leur spectacle du 24 février dernier, on pouvait sentir l’expérience qu’ils accumulent depuis 2001. Les membres de la formation avaient prévu, entre autres, des démos et des dépliants d’information sur leur groupe, que l’on distribuait à l’entrée. «Tout ça coûte de l’argent bien sûr, mais on investit là-dedans sans trop compter, c’est notre passion. Et de toute façon, une bonne partie nous revient. Au fil des années, on finit par faire plus d’argent en une soirée que le montant nécessaire pour louer la salle», explique Patrick Pleau, le fondateur de Plajia. Dans un autre registre, la philosophie de Sunyata allie un rock plus garage – pensez à Nirvana – et spiritualité. Xavier Vivas, fondateur du groupe, possède un bagage peu commun : jusqu’en 2004, il a vécu principalement en Équateur, où il a formé son premier groupe, qui obtenait alors un certain succès. «En Équateur, notre groupe est passé à la télé et à la radio grâce aux relations du guitariste, ce qui nous a donné beaucoup de visibilité. En arrivant à Montréal, j’ai mis des annonces pour pouvoir former rapidement un autre groupe, et ça a plutôt bien fonctionné.» Billetteries, location de salles, lettres aux médias pour faire la promotion, recherche de groupes adéquats pour partager la scène, enregistrement en studio… Les formations musicales qui s’occupent elles-mêmes de leur carrière doivent consacrer un temps fou à la gestion de leurs affaires. Bien souvent, cela s’accompagne d’autres obligations comme un travail à temps partiel ou à temps plein, quand ce n’est pas les études. Patrick Pleau et Xavier Vivas s’entendent pour dire que pour se faire connaître, il faut établir beaucoup de contacts. «Ça permet, par exemple, de diviser les coûts de location de la salle, et de faire découvrir notre musique à des fans d’une autre formation», ont remarqué les membres de Plajia. En dépit de leur débrouillardise, les deux groupes trouvent séduisante l’idée d’avoir un gérant pour s’occuper de toute cette organisation. «Je peux passer quatre heures par jour sur Internet, à tenter de promouvoir notre musique de différentes façons. Ça finit par gruger du temps que je pourrais consacrer à la musique», témoigne le chanteur de Sunyata. De plus en plus, les groupes sans gérant savent se débrouiller pour garder leur carrière sur les rails. Cela est dû en partie au développement des nouvelles technologies, et leur accessibilité grandissante. Le meilleur exemple est probablement le phénomène MySpace. Créé en 2003, ce site a rapidement acquis une immense popularité dans le monde de la musique. Cet outil est beaucoup employé pour établir des contacts, les artistes donnant leur adresse à des producteurs qui s’intéressent parfois assez pour assister à un spectacle par la suite. «Au début, je me tenais un peu à l’écart de cette mode, mais bien vite j’ai dû réaliser sa popularité et j’ai commencé à l’utiliser», explique l’assistante à la programmation du Café Campus. Certains magazines situés en Belgique ou aux États-Unis publient même des critiques de matériel trouvé sur MySpace, comme ce fut le cas pour Plajia. Autre facilité accessible par l’informatique : les groupes peuvent peaufiner un album à moindre coût. Plajia, qui compte quatre démos à son actif, est présentement en processus de création. «On a enregistré les prises de bases des chansons dans un bon studio, mais une bonne partie du travail se fait chez moi. Je peux enregistrer des pistes de clavier, et apporter la touche qui fait un son plus professionnel grâce à des logiciels très pratiques. Ça nous permet de faire tout le travail nous-mêmes», confie Patrick Pleau. par Patrick Lainesse |
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